Ton album « Suis je le gardien de mon frère ? » reste le succès Hip-Hop de ces derniers mois… Un subtil mélanges de sons hardcore et de messages pédagogiques !
Oui, j’ai voulu écrire des textes revêtant un aspect plus pédagogique, comme celui du titre « Suis-je le gardien de mon frêre ? » justement. J’ai travaillé avec des jeunes et je me sens concerné par ce type de thématique. J’ai fait des erreurs, j’ai parfois pêché de ce coté là… C’est vraiment pour montrer que, même à travers ses textes, il faut avoir un regard particulier par rapport aux p’tits jeunes…
C’est ton travail d’éducateur dans les Cités qui te donnent autant de recul ?
Les jeunes, les petits frêres, les petites sœurs, ce sont des personnes qui nous observent et qui suivent parfois nos exemples… Il faut donc leur donner certaines clés, sans être moralisateur. Dans un morceau comme « Goulags », je m'adresse aussi aux jeunes qui se laissent aller à l’école. J'essaye de leur expliquer que ça ne sert à rien de jouer les caïds face à quelqu'un qui travaille, qui a fait des études et qui est là pour t'inculquer ce qu'il a appris.
On présent souvent ton public comme un « public de cailleras » ?
(soupir) Ouais mon public est une caillera ! (rires) Je le décris moi-même dans mes morceaux mais c’est un égotrip pour pouvoir ironiser ! Il faut venir dans mes concerts, et je vois tous le styles et un public très diversifié…
« Tu peux m’appeler le « Daft Punk » du Rap : l’image, ça ne m’intéresse pas ! »
On dit que tu es l’un des ambassadeurs du renouveau de la scène hardcore en France...
Beaucoup de rappeurs se définissent comme hardcore parce qu'ils utilisent des mots violents, mais je ne pense pas que ce soit vraiment le cas. Moi, c'est l'engagement qui m'intéresse, je me définirais plutôt comme un humaniste.
Tu dis souvent pourtant que tu aimerais que ton succès « fédère » les gens…
Eh oui. Je ne me contente pas de faire que de la musique… Je vais auprès du public pour discuter, échanger, m’inspirer, découvrir. Quand j’arrive dans des débats, c’est pas pour faire la morale ou donner des leçons, mais avant tout pour échanger : j’ai fait des erreurs dans ma vie, et si cela peut permettre aux jeunes qui ont le même parcours d’anticiper et d’éviter certains crochets inutiles, alors là je serais fier.
Un peu comme un grand frère pour la nouvelle génération ?
Oulah, c’est un grand costume que tu me mets là… Je suis le grand frère de ceux qui m’écoutent. Car ceux avec qui on a une certaine familiarité et affinité, on a forcément envie d’être là et de leur donner des bons aiguillages et de ne pas les décevoir. Je me sens responsable dans ce sens là…
Après l’énorme succès de ton dernier album, où en es tu du prochain ?
On travaille, on travaille… Eh ! Je veux des prises de risques ! C’est vraiment mon fer de lance… Alors je vais me mettre sur le prochain album, voir ce que ça va donner… J’ai des idées de rassemblement, de gens, avec des styles différents. Je veux que tout ça se mette en place sur le prochain projet…
Au fait, pourquoi as-tu choisi ce pseudo, Sefyu ?
Tout simplement, je m'appelle Youssef et, en verlan, ça donne Sefyu. Donc, tu vois, c'était un choix assez naturel !
Ton « personnage » joue beaucoup du côté anonyme… On voit rarement ton visage ! Tu es un peu le « Daft Punk » du Hip Hop, non ?
(Rires) Oui si tu veux, tu peux m’appeler le « Daft Punk » du Rap ! En fait il y atellement d'artistes qui misent tout sur l'image. Du coup trop de « bling bling » et pas assez de contenu, de prises de positions. L’image, ça ne m’intéresse pas : ça n'a pas de sens. Si les gens veulent savoir qui je suis, ils n'ont qu'à acheter le CD et écouter mes chansons.
ACTU
Album « Suis je le gardien de mon frère ? », actuellement dans les bacs