Dans ce film on te retrouve aux côtés de Valéria Bruni Tedeschi… Comment s’est déroulé le tournage avec elle ?
Je n’avais jamais travaillé avec Valéria, hormis une petite scène dans son film « Il est plus facile pour un chameau… » Mais on se connaît depuis longtemps, j’ai vu ses films. Il y avait une immédiateté entre nous, on était tout de suite dans le coeur du travail, il n’y a pas eu cette phase de séduction qui fait minauder. Valéria est vraiment particulière. Elle n’est pas une actrice à la mode, elle n’a pas une once de vulgarité, elle ne se contente jamais de faire ce qu’elle sait faire. Il y a longtemps que je n’avais pas travaillé avec une actrice aussi honnête.
« Les Regrets » pose le thème de « retrouver son premier amour »… N’est ce pas parfois un peu utopique ?
En tout cas dans ce film, on croit à l’histoire d’amour entre Maya et Mathieu. Elle n’est pas posée comme telle, on a vraiment l’impression qu’il faut qu’ils soient ensemble. Maya et Mathieu ne font que se croiser, leur histoire n’est faite que de contretemps. Le film trouve sa forme et son rythme dans ces allers et retours constants. Ce sont eux qui donnent de l’énergie aux sentiments.
Dans le scénario, il est dit qu’il se sont séparés parce qu’elle est arrivée en retard à l’un de leurs rendez-vous…
Oui… Valéria et moi, nous n’étions pas d’accord avec cette raison : rater l’amour de sa vie pour un lapin ou un retard, c’est un peu dur ! Cédric m’a expliqué que Maya rendait dingue Mathieu parce qu’elle n’était jamais là quand il fallait et je me suis souvenu d’une histoire de ce genre que j’ai eue avec une fille qui se comportait comme un sale mec…
« Comme un sale mec »… C’est à dire ?
Elle venait quand elle avait envie ! Le reste du temps, elle était injoignable Elle me rendait dingue, je n’arrivais pas à résister. Quand j’ai repensé à cette fille, j’ai eu un déclic, j’ai compris que c’était
possible de renoncer sur un détail. Comment peut-on laisser une fille sur un simple retard ? En fait, ce retard veut dire qu’elle ne sera jamais là au bon moment. Parfois, on passe à côté des gens parce que ce n’était pas le moment.
Tu as une vision particulière de l’amour…
L’amour, ce n’est pas que des sentiments, c’est aussi à quelle vitesse on les vit. On ne vit pas les choses de manière objective quand on est dans une histoire. On passe de temps forts à des temps morts, de moments exaltants à des moments d’attente et de solitude. Au scénario, je ne mesurais pas forcément le poids de cette tension, de ces allers et retours constants, de ces contretemps qui donnent son rythme aux regrets.
Avec ce film, on découvre quand même une part de toi plus sensible…
Alors, tant mieux ! Ce n’est sans doute pas un hasard que ce rôle m’arrive maintenant. Avant, peut-être que j’avais peur de ce genre de personnages. En même temps, je ne crois pas qu’on m’en avait proposés. Ça faisait longtemps qu’on ne m’avait pas casté dans le rôle d’un homme amoureux d’une femme et je me suis laissé faire par Cédric.
ACTU
« Les Regrets ». Film français de Cédric Kahn avec Yvan Attal et Valérie Bruni Tedeschi.
Actuellement dans les salles